Publié le

Faut-il vraiment une TVA Responsable ?

Une pétition visant à l’instauration d’une TVA Responsable sur les produits issus de l’éco-conception circule en ce moment sur internet. Le projet est de mettre en place une TVA à taux réduit sur les produits qui respectent un certain nombre de critères environnementaux et sociaux. C’est la CAMIF qui porte ce projet. Est-ce vraiment pertinent ? Est-ce applicable ?

Tout d’abord, nous allons nous retrouver avec une querelle autour de la définition d’éco-conception : est-ce un produit bio ? est-ce un produit fabriqué par des ateliers avec un objectif social important ? est-ce un produit durable ? (et qu’est-ce qu’un produit durable). Chose très étonnante, la pétition n’insiste par réellement sur l’importance des standards sociaux et économiques. Nous pouvons donc supposer qu’un produit éco-conçu, mais fabriqué en Chine, pourrait parfaitement être éligible. Cela pose aussi un problème pour ceux qui fabriquent en France, qui respectent l’environnement et qui ont des objectifs sociaux, mais dont les produits ne seront pas reconnus comme éco-conçus. Cela risque d’être le cas de tous ceux qui œuvrent, comme moi, à produire dans des conditions plus saines et dans des unités à taille humaine, mais qui n’adhérent pas à la tendance bio. Dans la tête des initiateurs et soutiens, un produit éco-conçu en Chine semble plus propre (et respectable) qu’un produit aux normes plus conventionnelles, mais fabriqué au plus près de son marché de destination. Il y a également un grand flou sur la façon dont l’éco-conception sera contrôlée. La notion de produits durables peut introduire des effets pervers : certaines matières bio sont moins résistantes que certaines matières synthétiques, et donc moins durables dans le temps. Par conséquent, pourquoi ne pas considérer certains produits très industriels et chimiques comme « durables » ?

Ensuite, cette idée d’un nouveau taux de TVA introduit encore de la complexité dans le système de la TVA actuel. Imaginez ce que cela risque de donner dans une entreprise qui fabrique des produits éco-conçus, d’autres non… Sans parler des problématiques de fraude, qui sont fréquentes notamment au niveau européen. On a pu constater la dérive avec les Certificats d’Economie d’Energie. On peut être sûr qu’il y aura également des mécanismes de fraude mis en place sur une TVA liée à l’éco-conception. Quitte a faire quelque chose d’utile, autant plaider par exemple pour une réduction générale du taux de TVA applicable en France, avec un passage à 15% pour l’ensemble de l’économie.

Enfin, il faudrait savoir si l’on a vraiment besoin (ou pas) de mettre en place un énième dispositif fiscal pour faire des produits éco-conçus. Et surtout, si ces dispositifs sont réellement incitatifs. Précisons que cette TVA va s’ajouter aux nombreux dispositifs en vigueur pour soutenir le bio, ou les modes de consommation assimilés.  Nous avons déjà pu constater à quel point le CICE a contribué à créer de l’emploi en France. Pour ma part, je ne crois pas que cette TVA va réellement créer une impulsion à la création d’objets « plus propres ». Elle risque de voir se développer des mécanismes de fraude, et de complexifier la fiscalité, dans un contexte où les entreprises (notamment les plus petites) essayent d’obtenir des pouvoirs publics une certaine stabilité à long terme. Sans parler de toute la bureaucratie qui risque d’émerger avec son lot de labels, d’agences de certifications et d’agents supplémentaires pour contrôler sa bonne application.

Simon Chabrol

Publié le

Créer son propre atelier… retour d’expérience

Dans cet article je vais vous présenter un peu plus en détail comment je fabrique les différents produits vendus sur ma e-boutique, et vous offrir un retour d’expérience sur ce sujet. J’en profiterais donc pour revenir sur la façon dont la production est en partie automatisée au sein de mon atelier.

La production est, comme je l’ai dis, en partie automatisée. Je me suis formé seul au moyen d’ouvrages spécialisés sur le tricotage, et plus spécialement sur les techniques de fabrication en tricotage circulaire. Si vous souhaitez d’ailleurs voir comment je travaille, je vous invite à revoir le reportage réalisé par France 3 Lorraine sur mon entreprise. Je réalise mes produits en partie à l’aide d’une machine outils et les finitions sont faîtes à la main ou au crochet pour certains produits tricotés comme le tour de cou. La plupart de ces articles sont tricotés comme de grands tubes. Ils sont ensuite joints au crochet, repliés, coupés ou encore repris sur des aiguilles pour réaliser certains types de finition. Les étiquettes sont également cousues à la main. La fabrication des grands tubes de tricot s’effectue grâce à une machine à tricoter circulaire, un peu sur le modèle des machines à fabriquer des chaussettes. C’est le même procédé employé dans des usines, sauf qu’ici, cela se fait dans un cadre plus petit. La machine permet aussi de fabriquer des longueurs à plat, qui peuvent servir à fabriquer des panneaux, qu’il faudra ensuite assembler pour fabriquer des vêtements par exemple.

Ce choix d’organisation tient à la double volonté de pouvoir produire localement et de limiter au maximum la sous-traitance. Il tient aussi compte des évolutions technologies en cours dans la filière textile, et qui permettent de repenser la façon dont les articles textiles sont fabriqués. Cette façon de produire me permet également de développer un modèle beaucoup plus propre d’une certaine façon : moins de stocks, une production davantage à la demande, une unité de production à taille humaine…

Cette solution me permet de gagner un temps considérable, mais également de vous proposer des prix plus accessibles pour une production « fait-maison ». Elle me permet de me consacrer sur ce qui compte vraiment pour une entreprise : vendre, prospecter, animer le blog, créer les produits, gérer les expéditions… Si j’avais du les réaliser à la main, ou tout simplement produire le tricot sur une machine à tricoter rectiligne, cela me demanderait un travail encore plus conséquent et des prix beaucoup plus élevés. Si j’avais par exemple opté pour le tricotage rectiligne, je devrais obligatoirement procéder à de nombreuses étapes de coutures (soit à la machine ou à la main), ce qui ralentirait mon travail. Acheter une machine à tricoter rectiligne n’aurait pas trop eu de sens, dans la mesure où je ne compte pas fabriquer de vêtements. Ensuite, il y a le choix entre une machine à simple ou à double rang d’aiguilles. Le modèle à deux rangs d’aiguilles est le plus pertinent, mais un modèle non-automatisé coûte au moins plusieurs milliers d’euros.  Et les modèles neufs « grand public », ce font extrêmement rares. Quant au machines industrielles, elles sont hors de prix pour des entreprises comme la mienne.

Réaliser l’intégralité de la production à domicile me permet de maîtriser intégralement le processus de fabrication de mes produits, et de limiter la sous-traitance. Si toutes les étapes de conception des produits, la fabrication, l’emballage et la distribution ont lieu en France, j’ai décidé de faire des compromis sur la provenance de la matière première pour pouvoir assurer mes approvisionnements. Je précise que malgré mes démarches, je n’ai pas eu de retours favorables avec des filatures françaises (pas de réponses aux e-mails, la matière demandée n’est pas assez haut de gamme, refus de faire des devis par mails…). Il a donc fallu se tourner vers des fournisseurs spécialisés qui peuvent fournir les quantités adaptées aux professionnels, même si cela implique de devoir faire des concessions sur l’origine des matières premières.

Si je devais faire un résumé de cette expérience :

  • Que le tissu industriel français n’offre pas la réactivité nécessaire à des petites structures comme la mienne, en particulier pour la problématique d’approvisionnement en matières premières
  • Qu’en 2018 (et pour les années à venir) il sera impossible d’ouvrir sa propre unité de fabrication sans tenir compte des évolutions technologiques récentes, et de l’automatisation qui se propage à toute vitesse, notamment dans le textile (Relire cet article sur la startup Kniterate)
  • Que la fabrication locale, voir « maison », n’a de sens que si l’on s’organise de façon à être un minimum compétitif. Ce qui n’est pas possible sans un minimum de mécanisation, ou si les produits demandent un travail manuel trop important (à moins bien sûr de ne se positionner que sur des produits très haut de gamme ou de luxe)

Simon Chabrol

Publié le

« L’atelier de Simon » est passé à la télé !

Petit article pour vous parler de mon passage à la télé sur France 3 Lorraine au JT du 12/13, le samedi 27 janvier. J’ai eu l’occasion d’accueillir chez moi une équipe de France 3 pour leur présenter mon entreprise le temps d’une après-midi. L’occasion également, et en toute transparence, de présenter la façon dont je fabrique les produits vendus sur ma boutique.

J’ai eu quelques réticentes au début, par peur que cela renvoie un côté un peu trop « cheap » de la production, mais les journalistes ont fait un superbe travail. Comme vous pourrez le constater (et comme je l’ai dis précédemment) le travail sur machine occupe une place assez prépondérante dans la fabrication (je dirais entre au moins 50% à 60% du temps de production). Les finitions à la main occupent une place moins importante dans la production, mais apportent une certaine touche aux produits. Ma stratégie, encore une fois, est de produire des pièces fabriquées en petite et moyenne série, en France, dans ma propre entreprise (sans sous-traitance), et vendues à des prix accessibles. Cela ne peut donc pas se faire sans un minimum de réflexion sur la façon de produire.

Cela me permet de faire la démonstration du fait qu’il est parfaitement possible d’automatiser l’usinage de pièces textiles à domicile ou dans un espace réduit (même si cela est évidemment perfectible). La technique de tricotage circulaire me permet de fabriquer des pièces de tricot déjà en forme, ce qui m’offre la possibilité de raccourcir mon cycle de production. Est-ce que cela réduit la valeur ajoutée des pièces que je fabrique ? Je ne le pense pas. Sans être prétentieux, je pense même que ce que je fais apportera de l’eau au moulin de ceux qui plaident pour des modes de production locaux, traçables, automatisés (en partie ou totalement) et compétitifs; dans le domaine de la production textile. Comme vous pouvez le voir, toute la fabrication des produits est réalisée sur place : du tricotage au produit fini. Cette stratégie permet de supprimer nombre d’intermédiaires, et d’éviter les travers habituels de la filière textile. La démarche est sans doute davantage orientée vers l’usage de machines-outils performantes pour le façonnage textile, et moins vers la robotisation/automatisation pure et dure (comme on peut le voir avec la startup Softwear Automation).

Simon Chabrol

Publié le

Faut-il solder les produits « Made in France » ?

La période des soldes est l’occasion de réfléchir au rapport que nous entretenons avec la consommation, et plus particulièrement, la manière dont nous envisageons la consommation d’articles de mode : fast-fashion, slow fashion, mode éthique, prix raisonnés… Il existe aujourd’hui de nombreuses façons de penser les achats d’articles de mode. Plusieurs marques qui produisent en France offrent malheureusement en cette période un discours parfois incohérent, voir carrément hypocrite pour certaines d’entre-elles.

Comme d’autres entreprises, j’ai décidé de ne pas faire de soldes pour cette période, et pour plusieurs raisons :

  • Premièrement, je ne suis pas un grand adepte de ces périodes de rabais sur les prix qui sont devenues trop régulières au cours de l’année, et dont l’effet s’est largement estompé (tant pour les marques que pour les consommateurs)
  • Deuxièmement, et c’est la raison la plus importante, j’estime pratiquer des prix équilibrés sur mes produits. Par conséquent, cela ne serait pas très cohérent de dire toute l’année à mes clients que mes prix sont équilibrés, et de faire en période de soldes des rabais de l’ordre de 30% à 50% sur mes prix.

Le problème n’est pas de dire non aux rabais ou remises, mais de repenser la place (et l’importance du geste commercial) tout au long de l’année. Et surtout, de le rendre cohérent avec le message de l’entreprise. Je pense que les autres marques qui ne pratiquent pas de soldes doivent à peu près se situer dans mon champ de pensée. Que doit-on alors penser d’une marque qui produit en France, dit proposer un prix juste au consommateur, mais pratique pendant les soldes des rabais qui dépassent les 40% ? C’est assez hypocrite mais c’est ce qui se passe. Même des rabais de 20% à 30% sur des produits présentés comme « vendus à un prix juste » toute l’année posent déjà un problème pour la communication des entreprises concernées. Fonctionner ainsi est dommageable (à la fois pour les marques concernées, mais également pour les personnes qui œuvrent à offrir des prix lissés toute l’année) :

  • Cette manière d’agir casse le message d’un production vendue à prix juste, puisque si cela était le cas toute l’année, les marques concernées n’auraient sans doute pas les moyens de « s’offrir » des rabais situés entre 30% et 40% sur leurs marchandises.
  • Ces pratiques renforcent l’idée d’une sur-marge sur les produits fabriqués en France, puisque l’on suppose que ces marques font encore une marge après les rabais conséquents qui sont offerts aux clients
  • Enfin, cela brouille encore plus le message sur le « vrai prix » du « Made in France » : est-il aussi cher qu’on le dit lorsqu’une marque fait plus de 30% de rabais sur un produit , et nous offre parfois les frais de port ?

Ces pratiques étranges en période de soldes, pour des marques qui pratiquent la communication autour du mieux consommer et des prix justes, laissent planer un doute énorme sur la démarche de certains acteurs du « Made in France ». En tout cas, la communication de ces entreprises déraille complètement, car l’importance des rabais ne correspond même pas à leur positionnement très haut gamme, voir luxe.

Comme d’autres marques, j’estime avoir une politique tarifaire cohérente : des prix équilibrés et constants toute l’année, sans coûts cachés, ni sur-marge. Et si il doit y avoir « soldes », le rabais sur le prix serait bien plus modeste : entre 5% et 10%. Ou peut-être des frais de ports « offerts » ou réduits.  Mais sans doute pas un rabais de 40% qui mettrait à mal la communication autour de prix plus équilibrés. C’est à mon avis une des seule politique commerciale valable lorsque l’on prétend pratiquer une mode plus juste et vertueuse.

Simon Chabrol

Publié le

Enercoop : quelle traçabilité ?

Je m’intéresse aujourd’hui aux problèmes de traçabilité dans le secteur de l’énergie. Et plus particulièrement, à la société Enercoop qui promet une traçabilité complète sur l’électricité consommée par ses clients.

L’entreprise Enercoop est née en 2004, lorsque des acteurs de l’énergie renouvelable ont décidé de penser un nouveau mode de consommation énergétique. La SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) est officiellement fondée en 2005, avec le concours d’acteurs comme Greenpeace et les Amis de la Terre. Dans la foulée, en 2006, l’entreprise reçoit l’agrément « Entreprise Solidaire ». Profitant de la dérégulation du marché de l’électricité, l’entreprise signe ses premiers contrats en 2007. En 2014, l’entreprise compte 20 000 clients.

Enercoop fait une promesse énorme à ses clients : passer à une consommation énergétique 100% renouvelable. Comment Enercoop s’engage à tenir ses objectifs ? En travaillant avec des sociétés productrices d’énergies dîtes « vertes » (éoliennes, hydroélectrique…). Voici la manière donc le site annonce la chose à ses clients (ou potentiels futurs clients) :

L’entreprise Enercoop annonce sur son site travailler avec de nombreux producteurs d’éléctricité : 86 centrales hydroélectrique, 17 installations éoliennes, 1 centrale à biomasse et 56 installations photovoltaïques. Comme si cela n’était pas suffisant, Enercoop promet carrèment de savoir où son électricité est produite :

Pourtant, il y a plusieurs problèmes pour tenir cette promesse. Il n’y a « qu’un seul » réseau électrique en France : celui de RTE et ERDF. Par conséquent, Enercoop ne peut garantir aucune traçabilité sur les approvisionnements en électricité à ses clients. En effet, toute l’électricité produite en France (centrale nucléaire, barrages, éoliennes…) est automatiquement réinjectée dans le réseau électrique. Si les centrales sont à la peine, la France peut importer de l’électricité sur son réseau. Il n’y a donc pas moyen (pour le client) de savoir si son électricité vient d’une centrale éolienne, nucléaire ou même si cette électricité est importée. C’est d’ailleurs ce qu’indique un document assez discret édité par l’entreprise Enercoop (le FAQ du site l’indique également) :

Nous apprenons donc que l’énergie « verte », tant vantée par Enercoop, n’existe pas (et c’est Enercoop qui le dit !). Mais en plus, Enercoop reconnait dans ce document n’avoir aucun moyen pour tracer l’origine de l’électricité fournie à ses clients. Ce qui ne l’empêche pas dans son paragraphe final d’assurer que « toute l’électricité consommée par les clients d’Enercoop est injectée par producteurs d’énergies renouvelables sur le réseau ». Alors qu’Enercoop précise « [que] vous n’aurez pas d’électricité « verte » qui arrivera chez vous […] [et] qu’à travers votre facture d’électricité, vous allez uniquement rémunérer des producteurs d’énergie renouvelable ». Enercoop promet un mix énergétique dans le FAQ de son site, mais la promesse semble très aléatoire, car encore une fois, Enercoop n’a aucun contrôle sur la façon dont l’électricité est distribuée. Pourtant, Enercoop ne semble pas avoir être trop inquiété pour sa publicité, et cela commence dès qu’un internaute fait une recherche au sujet d’Enercoop, où l’entreprise fait la promesse d’un passage à une électricité 100% renouvelable (ce qui n’est absolument pas possible en l’état) :

Il convient donc d’être vigilant lorsque vous êtes démarché par une entreprise qui vous promet une énergie verte. Enercoop n’a clairement pas les moyens de ses ambitions, malgré son agrément « Entreprise solidaire ».

Simon Chabrol

Publié le

Proposer vos produits sur « L’atelier de Simon »

Petite révolution pour ce début d’année : je vais tester le référencement de produits « Made in France », fabriqués par des vendeurs tiers, sur le site « L’atelier de Simon ». Le format sera un peu différent d’une marketplace. Il s’agit d’un système se rapprochant plus d’un programme d’affiliation. Le fonctionnement est assez simple :

  • Sur mon site, je poste une fiche avec une (ou plusieurs) photo(s) du produit et un descriptif
  • Un bouton « acheter » apparaît juste en dessous
  • Lorsque le client clique sur ce bouton, il est automatique redirigé vers le site du vendeur, sur la fiche du produit en question

Voici deux photos pour comprendre comment les produits externes sont à la fois mis en avant et différenciés sur mon site internet :

Voici comment un produit externe apparaît au sein de ma boutique en ligne

Voici le rendu sur une fiche produit

La fiche produit ressemblera exactement aux autres fiches produits. Comme vous pouvez le constater : les produits possèdent un badge qui indique clairement qu’il s’agit de produits externes (à acheter auprès de la marque).

Nous sommes sur un concept à mi-chemin entre le site de petites annonces et la marketplace. Comme il s’agit d’une phase de test, le référencement d’un produit ne sera pas facturé. Le nombre de références sera simplement limité à un produit maximum par entreprise. Pour démarrer, je souhaite référencer au maximum une quinzaine de produits, dans des univers autres que le tricot (je peux accepter certains produits tricotés comme des vêtements, ainsi que certains accessoires que je fabrique pas, ou que je ne compte pas fabriquer). Les produits doivent pouvoir justifier d’une fabrication française en application du Code Douanier Communautaire. En cas de doute, vous devez vous tourner vers la Douane Française, qui dispose d’une procédure dédiée. Je rappelle qu’un certain nombre d’opérations sont insuffisantes pour prétendre à l’origine française.

Les produits n’apparaîtront pas dans une partie dédiée du site. Ils seront donc présents sur la boutique en ligne, aux côtés de mes produits. Je préciserais toutefois, sur la fiche produit, le nom de la marque qui le commercialise. Pour référencer vos produits, il vous suffira de simplement m’envoyer un mail à cette adresse : info[@]atelierdesimon.fr, avec une présentation de votre entreprise, et le produit que vous souhaiteriez référencer.

Simon Chabrol

Publié le

Faut-il une nationalisation de la filière textile ?

Voici un titre volontairement provocateur, mais dont le but est de répondre à une question essentielle : la filière textile française comprend-elle que le monde évolue ? Alors que les acteurs du « Made in France » se réjouissent d’une soit disant hausse de consommation « nationale », force est de constater que les industriels du textile français sont en train de louper le coche des nouveaux modes de production. Et que les importations progressent. Quant aux reportages télévisés, on constate que les entrepreneurs jouent au concours du parc machine le plus vieux et poussiéreux ! C’est aujourd’hui une quasi fierté de travailler avec des machines datant d’avant la Révolution Industrielle. A défaut de nationaliser toute la filière : faut-il nationaliser les entreprises qui refusent d’innover ? Notamment celles qui reçoivent de l’argent public (sous forme directe ou indirecte) ? La nationalisation doit-elle être permanente ou temporaire ?

Dans une série d’articles, j’ai parlé du niveau d’avancement technologique de la filière dans d’autres pays. En présentant notamment des startups très innovantes dans le domaine. Chose d’autant plus étonnante, ces startups naissent dans des pays qui ne sont pas forcément à la pointe du savoir-faire textile. Que font donc les entrepreneurs français du textile ? Ces derniers semblent visiblement obsédés par le coût du travail. Quant à la politique de recrutement dans la filière, disons-le : c’est le niveau zéro du management des ressources humaines. Ne parlons même pas d’intelligence artificielle, car ce sujet (comme celui de l’automatisation) est regardé comme de la pseudo-science par la majorité des acteurs du textile. Tout ceci est très préoccupant !

Certaines entreprises dans le textile innovent. Mais c’est davantage l’exception qui confirme la règle. Le peu d’idées des entrepreneurs du textile fini par coûter cher à la collectivité : aides à l’embauche, CICE, subventions diverses, formations archaïques… et enfin, importations, manque de compétitivité, chômage ! Parce que mettre en place des formations qui ne correspondent pas aux métiers de demain (parfois payées en partie avec l’argent de l’Etat, et donc du contribuable, dans le cadre notamment de partenariats avec Pôle-Emploi), c’est mentir aux personnes en formation sur leur avenir réel, mais c’est aussi un gâchis d’argent frais que l’on pourrait investir dans l’innovation. Soutenir le textile en le maintenant dans sa forme des années 1970, c’est malheureusement se voiler la face sur ce qu’est l’avenir de l’industrie. C’est pourtant ce qui se passe, et personne ne souhaite visiblement remettre certains entrepreneurs à leur place. Chaque année, des sommes conséquentes (mais aussi des moyens techniques et humains) sont alloués du secteur public vers le secteur privé, pour ne pas innover, ne pas mieux former, ne pas réviser la gestion des ressources humaines et maintenir un système passéiste dans une forme de cocon. Les entrepreneurs du textile reçoivent également beaucoup d’argents/aides publiques pour finalement nous expliquer que le « Made in France » doit rester une niche, qu’il n’est pas question de produire en masse. Et que par conséquent, malgré les moyens énormes qu’ils peuvent recevoir, ils n’ont pas de compte à rendre. Est-ce que c’est le but des aides publiques ? Maintenir un microcosme artificiel ? C’est dans ce contexte que la nationalisation d’une partie de la filière ne me paraît pas absurde.

Je pense que le gouvernement français devrait mettre en place un moratoire sur la filière textile française, et exiger des comptes aux entrepreneurs qui bénéficient des dispositifs d’aides publiques au sens large. Les règles devraient êtres claires lorsqu’une entreprise reçoit de l’argent public : investir et innover, ou perdre le contrôle de son entreprise contre un dédommagement inexistant, voir nul. Les formations passéistes devraient être bannies des dispositifs de financement public. Une nationalisation permettrait au moins de mettre en place un programme salutaire de robotisation et d’automatisation dont cette industrie a grandement besoin pour s’en sortir. Cela permettrait au moins de mieux allouer les ressources disponibles. Pour conclure : rappelons que c’est le job des entrepreneurs d’innover et de maintenir à niveau leur entreprise. Mais lorsqu’ils reçoivent de l’argent public, et n’innovent pas, on conviendra qu’il est préférable de les « dé-saisir du dossier » ! De façon définitive.

Simon Chabrol

Publié le

Qu’est-ce que le label « Made in Paris » ?

Le label « Made in Paris » (ou « Fabriqué à Paris » selon les termes officiels) est une initiative lancée par la Mairie de Paris pour valoriser l’artisanat (souvent haut de gamme) qui se développe dans la capitale. Les critères sont à peu près similaires à ceux du Code Douanier, ces derniers sont simplement transposés à une échelle plus réduite. Il y a donc une véritable garantie de production locale. La Mairie de Paris précise toutefois que ce label ne vaut pas certification officielle. Trois grandes catégories de produits sont mis en avant : artisanat alimentaire, de production, et d’art et création.

Ce label permet donc à de nombreux artisans et créateurs de mieux valoriser la composante production locale. La remise des prix il y a peu de jours a d’ailleurs permis de découvrir de nombreuses pépites en matière de création et d’artisanat. Les meilleurs projets se sont vus remis une dotation de 2000 euros. Je note quand même que la Mairie de Paris n’a pas fait de déclarations sur des sujets problématiques lorsque l’on veut produire dans Paris : espace disponible, prix du mètre carré, normes très strictes, gestion de la logistique… Si la démarche semble louable, je mets toutefois en garde le lecteur sur plusieurs points.

Tout d’abord, a titre personnel, je trouve que le label est dérangeant pour plusieurs raisons. Prenons deux produits entièrement fabriqués à Paris, dont l’un est labellisé officiellement par la Mairie de Paris, et l’autre ne l’est pas. Est-ce qu’il n’y a pas un risque de confusion chez le consommateur ? D’autant que ces deux produits sont parfaitement légitimes à l’appellation « Made in Paris ». Cela va poser des problèmes conséquents, dont la Mairie de Paris n’a clairement pas idée. Pas sûr que les professionnels (et consommateurs) s’y retrouvent. La Ville précise d’ailleurs que le label ne vaut pas certification : mais est-ce que le public va l’interpréter ainsi ?

La deuxième chose qui m’étonne, c’est le choix de faire toute la promotion en français. La page officielle de la Mairie de Paris ne comporte même pas le terme « Made in Paris ». Il aurait été utile de faire un travail en amont pour savoir le lequel des deux termes est plus le pertinent. On suppose, en plus, que la Mairie souhaite tout particulièrement valoriser ce savoir-faire à l’étranger et auprès des touristes (notamment la potentielle clientèle asiatique). Ce qui rend ce choix d’autant plus surprenant. Ci-joint, une copie d’écran de Google Trends à ce sujet :

Je vous invite d’ailleurs à relire mon précédent article sur la façon dont Google perçoit le « Made in France« . La Mairie de Paris fait une erreur stratégique en voulant à tout prix franciser le nom du label. De potentiels clients étrangers auront largement tendance à employer les mots-clés « made in paris », plutôt que « fabriqué à Paris », ce qui va poser des problèmes de notoriété pour cette démarche. Pour des raisons que j’ignore, la Mairie de Paris a plus ou moins fait le choix d’une démarche a-commerciale.

Enfin, troisième et dernier point, je pense que valoriser la production parisienne pouvait se faire autrement qu’avec la création d’un label. Une démarche concrète de valorisation des savoir-faire (création de corners, organisation d’événements, aide à l’exportation…) aurait était beaucoup plus utile. La création d’un nouveau label ne renforce pas la visibilité, mais tend à créer beaucoup de confusion chez les professionnels, comme les consommateurs. Comme je l’ai dis plus haut dans l’article, il faut des mesures concrètes pour rendre la production intra-muros attractive.

Simon Chabrol

Publié le

Ce que Google Trends nous apprend du « Made in France »

Aujourd’hui, on va parler SEO et mots-clés pour les marques qui surfent sur le « Made in France ». L’outil Google Trends nous offre une énorme base de données sur ce sujet. De plus, il est entièrement gratuit. Google Trends permet de percevoir certaines tendances en matière de consommation, ou du moins, il permet de mettre en valeur un intérêt des utilisateurs de Google sur certains sujets. Alors comment pourrions-nous utiliser cet outil pour voir l’intérêt qui existe autour du « Made in France » ? La première recherche que nous pouvons effectuer sur ce sujet concerne une simple requête sur le mot-clé « made in france ». Cette recherche nous permet d’observer un intérêt en progression depuis 2004.

Google Trends ne fournit pas seulement des informations sur l’intérêt que suscite une recherche. Elle fournit également des informations sur les variations en fonction de la zone géographique. Voici donc la carte fournit là aussi par l’outil du moteur de recherche :

Une fois que nous avons ces informations, notre intérêt est bien évidemment de chercher à affiner la pertinence des requêtes avec le mot clé « made in france ». Nous allons donc réaliser un test avec l’ensemble de mots-clés « vêtements made in france ». Nous obtenons les résultats suivants :

Nous constatons que cette requête, très généraliste, ne semble pas passionner les foules sur le moteur de recherche. Les utilisateurs du moteur de recherche sont-ils plus spécifiques dans leurs recherches. Nous pouvons le tester avec trois ensembles de mots-clés « jean made in france », « t-shirt made in france » et « bonnet made in france » :

Résultat de recherche pour « jean made in france »

Résultat de recherche pour « T-shirt made in france »

Résultat de recherche pour « bonnet made in france »

Comme nous pouvons le constater, l’intérêt est plus prononcé lorsque les utilisateurs sont davantage spécifiques dans leurs recherches. A la grande surprise, Google Trends semble ne pas récolter de données sur les T-shirts. D’où viennent la plupart des requêtes pour chercher un produit fabriqué en France ? Nous observons sans grande surprise, que la plupart des requêtes spécifiques sont enregistrées comme étant réalisées depuis la France. Un autre sujet d’intérêt : faut-il parler de « made in france » ou de « fabriqué en france » ? Je rappelle pour le lecteur que certaines associations voulaient imposer la « francisation » de nombreux termes relatifs au « Made in France ». Les résultats de Google Trends sont sans appel :

Toutefois, on note que l’emploi du mot-clé « fabriqué en france » est assez bien associé à des recherches comme « vêtement fabriqué en france » ou « jouet fabriqué en france ». Mais nous constatons là aussi que l’association d’un objet avec le mot-clé « made in france » est beaucoup plus fréquente. Pour la dernière comparaison, voici les résultats d’une recherche sur les mots-clés « produit made in france » et « produits fabriqué en France » :

On peut également étendre le sujet aux nouveaux modes de consommation. Prenons le cas de plusieurs produits, et faisons des recherches du type « jean bio » et « jean made in france ». Cette recherche est intéressante car elle nous permet de savoir si les consommateurs cherchent avant tout un jean respectueux de l’environnement (indépendamment de son origine), ou si l’origine est un critère déterminant dans leurs démarches :

Nous pouvons aussi faire l’expérience avec un produit comme les lunettes. Nous faisons une triple recherche : lunettes en bois, lunettes en bois made in france et lunettes made in france. Nous constatons que les utilisateurs cherchent le plus souvent : soit des lunettes en bois, soit des lunettes made in france. Mais l’association lunettes, bois et made in france ne semble pas la plus pertinente :

Autre expérience, celle du terme « français » associé à un produit particulier. Dans certains cas, les utilisateurs du moteur de recherche sont plus à la recherche d’un produit « français » que d’un produit « Made in France ». C’est le cas assez frappant du jouet :

En conclusion : les données de Google Trends fournissent un support intéressant pour réaliser une étude de marché, ou valider un besoin qui correspond à une recherche de la part des utilisateurs de Google. Au sujet de l’intérêt du « made in france », les données de Google Trends permettent de valider un certain intérêt des utilisateurs du moteur de recherche. Le sujet est toutefois récent comme en témoigne les résultats sur des objets spécifiques.

Simon Chabrol

Publié le

La machine à tricoter des slips « made in france »

A la suite de mon article sur la possibilité de fabriquer des slips sur tricotage circulaire, j’ai le plaisir de vous dévoiler le plan général d’une machine pour les confectionner. C’est une machine très proche de celles utilisées dans la production des bonnets ou chaussettes. Elle est apte à effectuer un tricotage à la fois de façon circulaire et de façon rectiligne, sur deux parties du cylindre à la fois. Comme expliqué dans le précédent article, on relie les deux parties du produit en re-créant artificiellement un rang de mailles.

La machine doit comporter plusieurs centaines d’aiguilles (on parle ici d’un slip pour un homme adulte) : on parle d’une machine équipée de 600 à 1000 aiguilles selon la taille du slip. On en dénombre environ 10 par centimètres (soit une par millimètre). La machine doit avoir un diamètre compris entre 20 et 30 centimètres, là aussi, selon la taille du produit. Pour la construction du slip, le schéma reste identique quelque soit la taille de la machine : le rang de base doit être réalisé avec un nombre impair d’aiguilles. On augmente la longueur de rang en tricotant une maille supplémentaire de chaque côté. Lorsque seulement six aiguilles sont encore disponibles sur la machine (trois de chaque côtés de la machine), on procède à la manipulation décrite dans le précédent article.

L’intérêt de cette technique est de pouvoir bénéficier de la rapidité de tricotage des machines circulaires. Car une fois que les deux parties sont reliées, la machine peut rebasculer sur un mode tricotage circulaire. La pièce obtenue est ainsi directement en forme. Le tricotage circulaire reste une technologie très abordable financièrement, d’où son intérêt de la favoriser au détriment d’autres technologies. Les opérations de découpes et assemblages traditionnelles sont définitivement supprimées. Les finitions essentielles à réaliser sont : réaliser une couture à la base du produit, réaliser les ourlets, et mettre en place la bande élastique.

Simon Chabrol